Connaissez-vous la honte ? D’après moi, la honte est l’émotion la plus douloureuse de toutes. Son message est « Vous n’êtes pas OK, il y a quelque chose qui ne va pas chez vous ». Et lorsqu’elle refait surface, je tente de m’enfuir ! Comment réagissez-vous lorsque vous ressentez de la honte ?

La honte m’a presque suffoquée lorsque j’étais adolescente et que j’ai compris le message de mes camarades comme quoi je n’étais pas OK à cause de la forme de mon corps. J’étais trop grande.

En y repensant, je peux encore ressentir comment cette forme de honte toxique dans mon corps : le nœud dans ma gorge, une lourdeur enveloppant tout mon corps telle une couverture de plomb, et un désespoir si profond car il n’y avait rien que je pouvais faire concernant ma taille. Je n’avais aucun moyen de devenir OK, j’étais coincée et maudite. Je n’étais pas OK, et ne le serai jamais.

Dieu merci, il y avait ma grand-mère qui m’aimait ardemment, et lorsqu’elle dut aller à l’hôpital elle me dit que la grande infirmière était sa préférée car elle lui rappelait moi.

Puis il y eut mon amoureux, à présent compagnon depuis 25 ans, qui pensait que j’étais la personne la plus mignonne qui ait jamais existé, se vantant auprès de ses amis qu’il avait du m’importer parce qu’il ne trouvait pas ici de femme assez grande.

Tous deux m’aimaient passionnément, et lorsque je regardais dans leurs yeux, j’ai vu qu’ils pensaient que j’étais étonnante, que j’étais mieux que OK. Ils ont commencé de soigner la même blessure.

De nombreuses années plus tard encore, lors d’un atelier de thérapie Imago Couples auquel mon mari et moi participions, j’ai été profondément touchée lorsqu’il fit un exercice appelé « douche positive » au cours duquel, face à tous, il déclara avec emphase tout ce qu’il aimait à mon sujet. Lorsque nous avons fait l’exercice, il a mentionné, entre autres choses, qu’il aimait vraiment ma taille.

Ma « partie adolescente » a ressenti tant de soulagement et de joie. C’était comme un baume curatif versé sur mon corps. C’était le contraire de ce qui m’était arrivé lorsque j’étais adolescente, c’était la déclaration publique que j’étais aimée et OK. C’était une nouvelle étape dans mon processus de guérison.

Toutefois, les derniers pas de ma guérison doivent venir de moi. C’est seulement une fois que j’ai choisie d’aimer et d’étreindre radicalement chaque centimètre de mon corps que j’ai guérir émotionnellement totalement. Aujourd’hui, je me sens chanceuse de pouvoir dire que j’aime le corps étonnant que je possède.

Je considère mon corps comme un miracle, me permettant de vivre, de toucher, d’étreindre, de cuisiner, de marcher, de manger et d’embrasser. Je suis reconnaissante de chaque moment que j’ai dans mon corps (ou avatarà sur cette planète, visant à vivre pleinement ma vie.

Je voudrais parfois pouvoir revenir en arrière et prendre doucement entre mes mains le visage de cette fille de 15 ans longiligne, regarder dans ses yeux bleus et lui dire, « Chérie, tu es fantastique, je t’aime, tout ira bien ».

Nous connaissons tous la honte. Pour moi, elle était en rapport avec ma taille, pour vous elle a pu être, ou être encore en ce moment, en rapport avec la couleur de votre peau, votre célibat, votre statut social, votre infertilité, votre manque d’éducation, votre calvitie, vos faibles revenus, votre maladie ou autre. La honte peut être provoquée par à peu près tout.

La doctoresse Brené Brown, qui a fait des recherches développées sur la honte, a déclaré dans sa conférence TED, « si vous placez la honte dans une boîte de Petri, elle a besoin de trois choses pour croître de manière exponentielle : le secret, le silence et le jugement. Si vous placez la même quantité de honte dans une boîte de Petri et que vous la couvrez d’empathie, elle ne peut survivre ».

Ma honte a survécu de nombreuses années parce que je l’ai cachée et que je n’aurais partagé mes sentiments avec personne. Cela a simplement solidifié la croyance que je n’étais pas OK, et qu’il n’y avait pas d’issue. Je prétendais être OK.

C’est seulement lorsque j’ai commencé à être honnête au sujet de la douleur que je ressentais en grandissant, à propos des messages que je recevais au sujet de mon corps qui n’était pas comme il aurait du être, que la guérison a pu débuter. Puis, lorsque ma douleur a rencontré l’empathie et l’amour des personnes qui m’aiment, ma honte a diminuée jusqu’à disparaître totalement.

S’il y a de la honte dans votre existence, je vous invite à me rejoindre sur ce chemin de la guérison. Voici quelques étapes qui peuvent vous aider :

1. Sachez que vous êtes OK, corps, esprit et émotions, dans votre intégralité !

Être OK est votre droit à la naissance. Vous êtes OK parce que vous respirez. Être OK n’est pas une chose que vous pouvez réussir ou perdre. C’est à vous, simplement parce que vous êtes un être humain.

Nos mécanismes protecteurs, ces comportements qui se mettent en place lorsque nous ne nous sentons pas en sécurité, peuvent parfois être laids. Malgré tout, sous cela, nous sommes tous mieux qu’OK, remplis de lumière et d’émerveillement.

2. Partagez votre honte avec des personnes à qui vous faites confiance.

Vous ouvrir et partager votre histoire de honte avec des personnes en qui vous avez confiance, qui vous répondront avec gentillesse et empathie, représentera une étape clé dans votre processus de guérison.

Si vous n’avez pas actuellement dans votre vie ce genre de personnes, trouvez un thérapeute pouvant être cette personne auprès de vous, jusqu’à ce que ce type de personnes figurent dans votre cercle.

3. Soyez votre propre supporter ou supportrice.

Prenez conscience de votre self-discours négatif et commencez de le remplacer par de la positivité et de l’auto-acceptation.

Lorsque une pensée surgit vous disant que vous n’êtes pas OK, ralentissez-la et soyez curieux. Demandez-vous, d’où est-ce que cela vient ? C’est la voix de qui ? Les pensées de honte sont souvent des voix du passé intériorisées. Ensuite, devenez votre propre supporter ou supportrice et remplacez ces pensées par une pensée d’auto-acceptation.

Par exemple, si votre pensée est quelque chose du genre « Je suis un raté parce que je ne possède pas de maison ». Demandez-vous, d’où vient ce message ? Qui vous a dit ça par le passé ? Vous réaliserez peut-être que votre père parlait toujours de l’importance de posséder une maison et la façon dont il jugeait les gens qui n’en avaient pas. Ensuite, remplacez la pensée par une pensée plus positive, telle que « Ce serait bien de posséder une maison, mais être locataire n’implique rien à propos de ma valeur. En fait, louer a aussi des avantages ».

4. Montrez de la gentillesse et de l’empathie lorsque les autres partagent avec vous leurs sentiments de honte.

Repayez l’attention !

Maintenant que vous savez, et que vous l’avez j’espère vécu vous-même, que vous pouvez être libéré de l’étreinte toxique de la honte en partageant vos sentiments, soyez cette personne attentionnée et sympathique pour les autres. Notre guérison s’appronfondit lorsque nous aidons les autres à guérir.

Nous connaissons tous la honte, elle fait partie de la condition humaine, mais nous n’avons pas à être retenus en otage par elle. Suivre ces étapes vous rapprochera de la liberté émotionnelle.

Comme nous tous, il y a peut-être des zones dans votre vie que vous aimeriez dépasser, des habitudes que vous voudriez modifier et d’autres que vous feriez différemment si vous aviez une deuxième occasion. C’est normal, nous effectuons tous ce chemin.

Parallèlement, je pense qu’il est important de se souvenir que le noyau de chacun d’entre nous est OK, et mieux qu’OK, quoi qu’il en soit. Être OK, c’est à dire digne d’amour et d’acceptation, est votre droit à la naissance.

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A PROPOS DE L'AUTEUR

Mme. Daniela Beer-Becker, Psychologue

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